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BERNARD PLACZEK : L’ÉDUCATEUR

13 octobre 2014 - 08:34

Il a marqué l’histoire du football français et plus particulièrement le football nordiste. Joueur professionnel, entraîneur, formateur, éducateur, il a consacré toute sa vie au service de sa passion et des autres.

 

LE FOOTBALLEUR

Ses premiers ballons furent des chiffons, des boulettes de papier roulé, compressées que ses copains et lui (sous l’occupation allemande) utilisaient pour jouer au foot. L’entraînement physique, c’était les terrils qu’ils arpentaient des journées entières. Puis Bernard Placzek connut son premier club Oignies avant de venir grossir l’effectif calaisien au Racing Club de Calais. La suite de sa carrière : treize ans comme joueur professionnel au Racing Club de Lens, 473 matches au total dont 377 en championnat, seul Eric Sikora fit mieux. Demi défensif puis arrière gauche, il marqua 19 buts rien qu’en championnat. Il gagna la coupe Charles Drago (ancêtre de l’Europa League). Jamais blessé ou presque, il a été de deux générations avec comme partenaires Robert Budzinski, Maryan Wisnieski ou encore Ahmed Oudjani pour terminer avec les frères Lech, Hédé et d’autres encore comme le gardien Taillendier. Il fut sélectionné en équipe de France B.

L’ENTRAÎNEUR

Viry Chatillon, Calais, Dunkerque, Hazebrouck, St-Omer : voilà le parcours du coach Placzek. Le tchèque Verner Licka qui fut joueur à Calais quand Bernard Placzek s’occupait de la formation, disait qu’il est un expert en football. J’ai eu la chance de bénéficier de son enseignement, je confirme la chose. Après lui, je suis devenu un autre entraîneur. Sévère certes, mais en acceptant les règles de discipline, les joueurs apprenaient beaucoup avec lui.

L’HOMME

Passionné, tous ceux qui le côtoient reconnaissent cet aspect du personnage. Ce qu’on sait moins c’est son côté sentimental. Certains peuvent témoigner que lorsqu’il arrive qu’un gamin se blesse sérieusement, il est le premier à venir le soutenir à l’hôpital. Il n’oublie pas ses meilleurs copains fréquentés alors joueur, à l’instar de Maryan Wisnieski, international français d’origine polonaise comme lui, plus qu’un coéquipier, un frère. A presque 80 ans, il les aura le 30 mai 2016, il continue de voir des matches. Tous les samedis, il est au stade calaisien de l’épopée observant d’un regard pointu mais bienveillant les performances du Crufc entraîné par un de ses plus illustres élèves, Djezon Boutoille. S’il n’avait pas subi une opération d’une hanche, il serait encore sur le terrain le dimanche matin pour courir ou taper dans un ballon, un vrai cette fois-ci.

SES CONCEPTIONS ET SON REGARD SUR LE FOOT

Bernard Placzek, à ma connaissance, vous êtes celui qui a inventé une formule originale pour définir le joueur idéal en invoquant la formule ‘’le pouvoir, le savoir et le vouloir’’, pouvez-vous développer votre pensée ?

Le pouvoir, c’est le potentiel physique et technique du joueur. Le savoir concerne l’aspect tactique, c’est-à-dire le comment faire quand le joueur a le ballon ou quand il n’a pas le ballon et le vouloir c’est le goût de l’effort, le dépassement de soi.

Lors de votre dernier stage de recyclage de votre BE 3 (ancienne formule du DEPF), on vous a demandé de définir la tactique ?

La tactique appartient aux joueurs, c’est une réponse spontanée devant une situation donnée. Le joueur qui a le ballon doit choisir une option par un geste spontané dans le temps et l’espace, décision qu’il prend soit grâce aux répétitions lors des séances d’entraînement ou une inspiration personnelle.

Je suppose que vous considérez qu’il faut que ce joueur ait un bagage technique conséquent dans les diverses situations de match ?

Il faut que les jeunes joueurs travaillent les bases techniques liées à une bonne condition physique. Leur faire faire leurs gammes comme un musicien avec son instrument. J’ai eu la chance de rencontrer Robert Herbin lors d’un rassemblement national des éducateurs, il était persuadé de la chose, cela m’a conforté dans mes idées, il disait aussi qu’il fallait être très sévère avec eux, j’ai toujours appliqué cette méthode. La formation, c’est le premier pas indispensable. J’ai deux exemples de joueurs que j’ai eus en formation, le premier Djezon  Boutoille que j’ai entraîné tout petit qui a réussi une carrière pro et Christian Bernard, un autre calaisien super doué mais que j’ai connu alors adulte, il aurait pu être joueur pro lui aussi s’il avait été avec moi dès débutant.

Quelles sont les équipes qui ont marqué le football depuis les 40 dernières années ?

Je pense que l’on peut citer l’Ajax de Johan Cruyf, le Milan AC d’Arrigo Sacchi et le FC Barcelone de Guardiola mais ces clubs avaient des joueurs capables de comprendre et de bien interpréter ce que devait être le souhait de leurs entraîneurs.

Vous semblez insister sur les joueurs. Sont-ils plus importants que l’expression collective ?

Le joueur doit avoir reçu une éducation sportive et mentale pour pouvoir jouer à un bon niveau. Sans une bonne formation, ils seront forcément handicapés. C’est actuellement la coupe du monde (cette entrevue a été réalisée début juillet, nous en étions aux huitièmes de finale) un joueur m’a marqué, il s’agit de James Rodriguez, le colombien. Pendant le match contre l’Uruguay, il a marqué un but remarquable. Pris au marquage, dos au but, il a fait un amorti de poitrine, il a pivoté et a repris le ballon de volée ; la technique, toujours la technique et le geste choisi devant une situation donnée, surtout que pour les équipes nationales, les sélectionneurs ont peu de temps pour travailler l’expression collective.

A l’amicale des éducateurs dont vous avez été président, depuis les années 70, quels conseils donnez-vous ou quelles remarques faites- vous aux éducateurs ou entraîneurs rencontrés lors des réunions ?

Je note surtout dans les matchs auxquels j’assiste,  la rareté des enchaînements, le peu de combinaisons de jeu ou par exemple les appels, contre-appels sur les remises en jeu après une touche. Un bon entraîneur est celui qui voit immédiatement quand les joueurs ratent quelque chose et qui apporte la correction. Et aussi qu’un éducateur se doit de faire comprendre à ses garçons qu’un joueur ne peut pas gagner seul.

 

par Gérard BENCE.

 

Commentaires

Eric Picot 11 novembre 2014 14:20

article très intéressant

Staff
Daniel VIANDIER
Daniel VIANDIER 6 novembre 2014 17:09

Très bon article

Staff
olivier josset
olivier josset 13 octobre 2014 11:36

TRES BEAU REPORTAGE

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